| « Les visions que j’ai eues, (…) c’est en étant éveillée, avec toute mon attention, avec les yeux et les oreilles de l’homme intérieur, en des lieux découverts, que, selon la volonté de Dieu, je les ai reçues. » (12) Hildegarde de Bingen « Les grands problèmes de la vie sont toujours liés aux images primordiales de l’inconscient collectif. Ces images sont en fait des facteurs équilibrants ou compensateurs qui correspondent aux problèmes que la vie pose dans la réalité. Ceci n’a rien d’étonnant, car ces images sont des dépôts représentant l’expérience accumulée des milliers d’années de lutte et d’adaptation à l’existence. Chaque grande expérience dans la vie, chaque conflit profond, fait appel à la richesse inestimable de ces images et les apporte à la perception intérieure ; en tant que telles, elles deviennent accessibles à la conscience seulement en présence de ce degré de conscience de soi-même et de puissance de compréhension qui permet aussi à un homme de penser ce qu’il éprouve au lieu de simplement vivre aveuglément. Dans le dernier cas, il vit le mythe et le symbole en réalité sans le savoir. » C.G. Jung |
Le paysage qui nous entoure évolue au fil des jours et des saisons. Une observation régulière nous sensibilise aux dynamiques et aux énergies qui s’y expriment. De la même manière, nous pouvons apprendre à regarder notre paysage intérieur et trouver dans son évolution des clés importantes de notre inconscient. Nous pouvons aussi y rencontrer nos anges gardiens.
Plusieurs traditions nous invitent à identifier à l’intérieur de nous un espace où nous retirer en toute sécurité. Cet espace privilégié porte plusieurs noms : si le druidisme parle de bois sacré, d’autres formes de spiritualité utilisent, par exemple, le terme de temple intérieur.
Nous y accédons au moyen d’une méditation ou d’un exercice de visualisation. Pour nous mettre dans un bon état de réceptivité, nous pouvons au préalable faire circuler notre conscience dans les différentes parties de notre corps, des pieds jusqu’à la tête. Nous activons ainsi tous nos sens par une technique de relaxation que le yoga ou le qi-gong connaissent aussi. Pour en retrouver le chemin, il est aussi possible de s’y rendre à partir d’un endroit bien réel que l’on visualise comme porte d’entrée vers son monde intérieur.
La première fois que nous nous y rendons, notre bois-sacré reste souvent assez flou. C’est au fil des visites que ses contours commencent à se préciser. Il s’anime progressivement : la disposition des lieux change, il accueille parfois des visiteurs, il peut même changer complètement de location.
Son architecture, son agencement, les êtres, les végétaux et les animaux que nous y rencontrons regorgent d’informations sur ce qui peut nous stimuler ou, au contraire, nous bloquer dans la réalisation de nous-mêmes. En le visitant, nous pouvons aussi être à l’écoute de nos sensations et identifier où l’énergie coule en nous et où elle stagne.
Dans cette exploration, l’important est de rester ouvert et de ne pas aller chercher dans le bois sacré ce que nous nous attendons déjà à y trouver. Ouvrir les pores, les oreilles, les papilles et les narines aide à contourner nos idées toutes faites. Notre inconscient peut se manifester à travers tous nos sens. Décrypter les images et les archétypes par lesquels il s’exprime est une aventure ludique et passionnante.
Une telle pratique est précieuse pour comprendre quelles portes sont ouvertes ou fermées devant nous, quels alliés nous accompagnent sur notre chemin de vie, quelles thématiques nous travaillent.
Quelques conseils pour cultiver son bois sacré :
- Se relaxer, devenir conscient de l’entier de son corps avant de méditer.
- Visualiser un chemin partant d’un endroit connu, imaginaire ou réel, pour entrer dans son bois-sacré.
- Laisser venir les images et les sensations, ne pas juger, ne pas anticiper.
- Être attentif à la qualité ou à la texture des images et ressentis qui viennent. Intuitivement, nous savons quand ils sont le produit de notre imagination plutôt qu’un message de notre inconscient.
- Pratiquer régulièrement : les ressentis se font plus précis au fil du temps, même s’il n’y a pas de révélation à la clé de chaque visite.

Comments are closed