| « Tout ce qui fait la puissance du Monde se fait dans un cercle. Le cercle est rond, et j’ai entendu dire que la terre est ronde comme un ballon, comme le sont aussi toutes les étoiles. Le vent, au plus fort de sa puissance, tourbillonne. Les oiseaux font leurs nids en cercle, car leur religion est la même que la nôtre. Le soleil se lève et se recouche en cercle. La lune en fait de même, et tous deux sont ronds. Les saisons mêmes forment un grand cercle, dans la ronde de leur succession, et reviennent toujours à leur point de départ. La vie d’un homme est un cercle, partant de l’enfance pour revenir à l’enfance. Et il en est ainsi de chaque chose où la puissance se meut. » Black Elk (élan noir, homme-médecine sioux) |
Nous vivons dans une société carrée qui nous met volontiers dans des cases. Tout est linéaire : dans notre habitat, dans nos organisations, dans notre conception du temps.
Nos ancêtres avaient encore l’habitude de se réunir en cercle et de penser en cycles. Plus qu’une simple disposition des lieux ou une forme banale, le cercle est une manière différente de se situer dans le monde. Le regard n’y est pas tourné vers le haut dans l’attente d’une réponse divine, mais vers l’horizon. Il permet de mieux saisir l’interdépendance entre ceux qui en font partie. Le cercle induit une autre dynamique, une énergie différente de celle de la hiérarchie. On s’y regarde face à face et droit dans les yeux. Il n’est pas possible de s’y cacher.
Le centre du cercle est un lieu de pouvoir. Il donne toutefois l’autorité d’agir plutôt que le droit d’exercer une volonté sur d’autres personnes. Il n’est ni fixe ni surélevé : il peut être occupé à tour de rôle par différentes personnes en fonction de leurs compétences et de leur rôle dans la communauté.
De nombreuses cultures et traditions se réunissent en cercle. Le cercle délimité par douze pierres où les druides se rencontrent pour leurs célébrations s’appelle le németon.
Quelques conseils pour s’organiser en cercle :
- Changer la disposition des lieux : une table de séjour ronde ou une disposition circulaire des chaises dans une salle donnent une autre énergie au lieu. On s’y rencontre différemment.
- Le cercle est un microcosme : sa forme est une matrice qui offre à ses participants un espace protégé. Des échanges très puissants peuvent avoir lieu entre ceux qui s’y trouvent, humains et non-humains, visibles et invisibles. Pour en préserver la qualité, il est utile d’y entrer et d’en sortir en conscience, par exemple avec un simple rituel.
- Bien réfléchir à ce que l’on met au centre du cercle : l’énergie de l’objet ou de l’intention qui y sont déposés est décuplée.
- Organiser ses réflexions avec les cercles d’un mindmap plutôt qu’avec un les cases d’une checkliste : le premier outil favorise la génération d’idées de manière associative et élargie et le second les analyse dans une logique de concentration et de réduction.
- Tester la gouvernance partagée : les nouvelles formes d’organisations basées en cercles autonomes et reliés entre eux remettent en question de vieilles croyances sur l’organisation du travail et stimulent l’innovation et la créativité au sein des équipes.

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