La grâce est un état de fluidité et de justesse. Elle est perceptible quand notre vie s’aligne, quand les choses se mettent en place sans que nous devions les forcer. Elle s’exprime quand nous n’avons pas besoin de lutter ni de faire nos preuves. Nous la touchons quand il nous suffit d’être, de jouer notre propre partition, pour trouver notre juste place. La grâce nous rend joyeux. Elle ne nous épargne ni peines, ni défis, mais elle nous donne la confiance que les obstacles sur notre route ont un sens et qu’ils nous mèneront plus loin.
Cet état de grâce correspond à ce que Jésus décrit comme le Royaume de Dieu. Celui-ci se dissimule dans toutes les situations où nous nous laissons surprendre, où nous mettons nos attentes, notre blindage et nos certitudes de côté pour nous ouvrir à l’inattendu. Et c’est là que devient possible la rencontre avec le divin. Jésus utilise de nombreuses paraboles pour décrire cet état de réceptivité. Il utilise les exemples du renard, de l’oiseau (Matthieu 8 :20) ou de la fleur des champs (Luc 17 :27-31) pour encourager ses disciples à laisser leurs attaches de côté et à se plonger dans la magie de l’instant présent.
C’est par la contemplation de la nature et l’ouverture des sens que le druidisme invite à entrer dans un tel état de réceptivité. La sensation du vent sur la peau, de l’écoulement de l’eau sur le corps ou le ressenti de la force d’une montagne sont autant d’invitations à nous sentir reliés à la toile du vivant. Dans la relation aux règnes minéral, animal et végétal, le monde alentour se met à nous parler, tantôt avec douceur, tantôt avec rudesse. Il nous sort de notre perspective égocentrée pour nous permettre de prendre notre juste place dans notre environnement. Les frontières entre le monde extérieur et intérieur s’estompent progressivement pour nous faire entrer dans une nouvelle réalité avec la joie d’appartenir à un tout.

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