| « Depuis mon enfance jusqu’au temps présent (…), je vois toujours cette lumière dans mon âme, et je ne la perçois ni par les yeux, ni par le corps, ni par les pensées du cœur, ni par aucune action de mes sens extérieurs, mes yeux restent cependant ouverts, et les autres sens corporels conservent leur activité. (…) Je n’entends pas les paroles comme des sons que forme la bouche humaine, mais comme une flamme étincelante ou comme un nuage qui glisse sur un ciel pur. » (10) Hildegarde de Bingen a reçu des visions depuis son plus jeune âge. Celles-ci sont à la base de ses enseignements. Dans la description qu’elle en fait, il semblerait que les informations ne lui soient pas dictées, mais qu’elle les ressente dans son intériorité avant de les exprimer sous la forme de mots. |
Le contact avec le monde physique est la clé de notre monde intérieur. Avec l’affinement progressif de nos sens, le monde extérieur s’invite dans notre monde intérieur. Nous explorons le dedans en découvrant le dehors. En observant mieux, nous apprenons un langage symbolique fait de sensations, d’images et de coïncidences. Nous captons des informations qui étaient déjà sous nos yeux mais que nous ne savions pas encore regarder.
Nous apprenons le langage qui nous permet d’entrer en dialogue avec notre inconscient.
Grâce à ce langage, nous savons instinctivement lire les signes. Ceux-ci nous parlent parce qu’ils font écho à une information qui est enfouie en nous.
Nous découvrons que les informations ont une texture : celles qui viennent de l’intuition sont chaudes, légères et pourtant pleines, celles qui viennent de la tête sont plus lourdes et froides et moins denses. Dans le monde intérieur, c’est la texture qui fait la différence entre les signes et la superstition. Cette dernière résulte d’un effort mental d’imiter et de systématiser le langage des signes, d’anticiper quand et comment il se manifeste.

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