L’éthique est un des lieux où la comparaison entre christianisme et druidisme atteint ses limites. Le premier dispose en effet de siècles de réflexions à ce sujet consignées et débattues dans de nombreux ouvrages. Le second repose sur une tradition orale qui n’a pas été systématisée par écrit. Il est avéré que le druide pouvait jouer le rôle de juge au sein de la communauté. Il y appliquait sans doute la recherche d’équilibre fondamentale dans la vision du monde celtique sans qu’il ne reste de traces de sa manière d’exercer cette fonction.
Selon la tradition transmise jusqu’à nos jours, la spiritualité druidique nous invite à toujours agir pour le plus grand bien de tous, en tenant compte des intérêts des différents règnes et des différents mondes. Le bien commun ne se définit donc pas dans la seule perspective du genre humain. La recherche et la promotion de la paix à tous les niveaux d’existence est également cardinale dans les célébrations des druides tout comme dans leurs actions.
Jésus lui-même n’a pas laissé de manuel d’éthique derrière lui, même si son jugement était activement recherché par ses contemporains. Sa fameuse règle d’or résume sa philosophie et sa pratique de manière condensée en mettant l’amour au centre de toute action éthique : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. » (Matthieu 7 :12). Dans la même lignée le double commandement de Jésus affirme que l’amour de Dieu est indissociable pour lui de l’amour du prochain (Matthieu 22 : 37-40).
Les paroles de Jésus telles qu’elles nous ont été transmises ne laissent pas deviner si le double commandement d’amour s’étend au-delà du rayon du divin et de l’humain. Il s’agit ici d’une question d’interprétation. Tant la recherche druidique du plus grand bien et de la paix que la règle d’or et le double commandement d’amour de Jésus sont des principes éthiques qui demandent à être appliqués dans des situations concrètes, au cas par cas.

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