La notion de péché est centrale dans le christianisme. Cet état a souvent une connotation morale, raison pour laquelle l’Eglise catholique romaine pratique la confession pour s’en libérer. Le protestantisme aborde pour sa part le péché sous un angle plus relationnel : l’absence de lien entre l’être humain et Dieu entraîne toute une série de déséquilibres dans la relation que l’homme entretient avec lui-même et avec ses pairs. De là, notamment, un effort humain souvent désespéré de faire ses preuves devant le monde pour gagner son propre salut.
Le péché est donc un état auquel il faut remédier. Les religions sémitiques proposent la notion de sacrifice pour restaurer la relation avec Dieu. La fumée de l’animal immolé et brûlé monte jusqu’au ciel, selon la vision du monde d’autrefois, et constitue une transaction qui rétablit l’équilibre avec le divin. Le sacrifice d’une vie induit l’idée que la mort est nécessaire pour apaiser Dieu. Cette représentation culmine dans l’interprétation de la mort de Jésus comme le sacrifice ultime qui remet l’ardoise à zéro entre Dieu et les humains une fois pour toutes.
Le sacrifice doit être précieux pour avoir de la valeur. Il demande donc une privation, comme Dieu le fait en cédant son propre fils à cette logique. Le sens du devoir et du sacrifice de soi sont, par mimétisme, la conséquence d’une interprétation morale du sacrifice : il faut s’oublier soi-même pour plaire à Dieu. De là découle, entre autres, une vision encore assez répandue d’un christianisme plutôt sévère et morbide.
Le druidisme ne connaît pas la notion de péché, pas plus que la nécessité d’un rachat. On y retrouve par contre la recherche d’un équilibre à établir entre les mondes. L’être humain se réalise en trouvant sa place dans le visible comme dans l’invisible. Pour cela, il est appelé à développer une relation intime avec son environnement, à interagir avec le règne minéral, végétal et animal et à en apprendre le langage. Dans cette relation à explorer, il est aussi appelé à faire des offrandes. Une transaction est nécessaire pour aller à la rencontre des lieux, des animaux ou des esprits de la nature. L’offrande peut être simple, elle est un signe d’humilité et de reconnaissance exprimé dans un langage universel. La rencontre avec les êtres et les esprits qui peuplent le monde physique et subtil n’est pas marquée par la culpabilité mais par la curiosité et la recherche d’unité. Elle est en réalité un geste d’amour et, à ce titre, rejoint sans doute l’intention du message du Christ à l’humanité.

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