On dit qu’il ne faut pas chercher son tambour mais attendre qu’il vous trouve. Je confirme. Dénué de sens du rythme, j’ai longtemps pensé que le tambour n’était pas pour moi. De passage dans une boutique, mon regard est pourtant attiré par une série de tambours déposés discrètement sous une table. Je les essaie. La chèvre ne me parle pas de tout, mais le cerf m’apprivoise. Je m’essaie à taper quelques rythmes sur sa peau et surprends Christa par la justesse de mes battements. J’hésite à l’acquérir, décide de me donner le temps de la réflexion et demande à l’Univers de me donner un signe pour me guider dans mon choix.
La réponse arrive le jour suivant. En méditation devant un bosquet d’érables, l’arbre qui m’a donné à plusieurs reprises des visions, je me sens tout à coup investi par l’esprit du cerf. Mon crâne s’ouvre comme une fermeture-éclair et la sensation des bois de cerf, ample et lourde, s’installe au sommet de ma tête. Je fais pivoter mon cou pour jouir du ressenti. Derrière mon bassin, je sens mes pattes arrière ancrées dans le sol.
Reconnaissant de cette expérience, je dépose une offrande au pied de l’arbre et retourne chez moi. En relevant mon téléphone, je trouve un message de mon ami Laurent, évoquant une expérience marquante, remontant à plusieurs années, avec l’énergie du cerf. J’engage un bref échange avec lui sur mes expériences récentes. Il m’encourage à fabriquer mon propre tambour. J’ai croisé Ludovic à plusieurs reprises dans l’école druidique et sais qu’il propose des stages à cet effet. Ignorant son nom de famille, je tape son prénom sur les réseaux sociaux et tombe immédiatement sur son profil. Je consulte son site : le prochain stage a lieu la semaine suivante, pile sur la date de la fête druidique de Lugnasad. Je m’inscris à tout hasard sur le formulaire ad hoc. N’attendant pas de réponse immédiate, je vaque à mes occupations et laisse le thème de côté pendant que mon téléphone recharge. C’est par hasard que je repasse dans la pièce pile au moment où Ludovic m’appelle. Le délai d’inscription est court, mais il rentre justement de chez le tanneur où il a spontanément pris une peau de cerf supplémentaire. L’affaire est donc conclue.
Le jour J arrive : la peau de cerf est inhabituellement grande. Contrairement à mes prévisions, je décide de faire un tambour avec un diamètre important. Le bois du cadre est en frêne, l’essence de l’arbre monde. En fabriquant le tambour, je sens une ouverture au niveau de mon chakra couronne et un profond enracinement. Le cerf me souffle qu’il me donne des racines et des ailes pour m’accompagner dans différents mondes.
La cerise sur le gâteau ? Quand je demande d’où vient la peau, Ludovic me révèle que le cerf vient d’une forêt toute proche de mon lieu de vie !

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